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En route vers l'entreprise industrielle agile

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Ok, c'est reparti. Comme tout se construit au fil de l'eau, les problèmes ne manquent pas de surgir, pour rappeler que le fonctionnement doit continuer à s'ajuster. Le point intéressant dans la démarche est que les problèmes surviennent un par un, et qu'il ne sert à rien de trop perdre de temps sur des choses trop lointaines. Au contraire, le groupe doit se concentrer sur les problèmes du quotidien, ceux qui empêchent d'avancer maintenant. ça tombe bien, le robinet à problèmes est loin d'être tari.

Si, jusqu'à présent la mise en route le système a réussi, il faut maintenant structurer les actions. Et comme ce problème parait être le plus important maintenant, il faut s'y atteler sans attendre.

Tom, Erwan et Clovis se retrouvent, comme après chaque point du vendredi, pour lister les points d'amélioration du processus de pilotage. C'est un moment où ils peuvent prendre un peu de recul par rapport aux actions quotidiennes, afin de voir si on avance correctement. Tom est le premier à prendre la parole :

“Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le bilan de semaine est plutôt mitigé, non ?

— Mitigé, non, je ne dirai pas ça. On a encore amélioré plusieurs de nos indicateurs. Le temps consacré officiellement aux projets augmente et il s'approche de plus en plus des heures prévues. Sans oublier que le taux de réussite des sprints est en amélioration constante.

— Rien à dire là dessus, Clovis. On est effectivement dans les clous sur ces indicateurs. Tom, ton constat est juste. Ce que nous mesurons est l'activité actuelle, mais je constate que nous n'arrivons pas encore à avoir une vision de ce qu'il reste à faire. On a bien nos post-its sur la frise, qui nous rappellent que les échéances sont là, mais chaque semaine des fonctionnalités nouvelles sont développées alors que l'on n'en parlait même pas la semaine d'avant.

— Ah oui, répond Clovis. D'un côté on a réussi à limiter les demandes en cours de semaine, mais je crois qu'en fait, ce que l'on a mis en place, c'est juste un décalage temporel. Au lieu de venir au moment où la demande arrive, on attend le vendredi pour les soumettre.

— Autant dire que l'on n'a pas changé grand chose, poursuit Tom. Au fond, il nous manque un peu la prise de recul nécessaire pour définir le plan d'action le plus approprié possible. Si l'on continue ainsi, on va revenir à un mode de fonctionnement très peu prédictible.

— Eh bien il est temps de venir avec un outil qui nous permette d'éviter cette rechute lance Erwan.

— On essaye de mettre en place le backlog et le bac à sable ? propose Clovis. Je crois que cela pourrait mantenant nous aider à mieux structurer la démarche.

— Pour ma part, je suis d'accord, poursuit Erwan. C'est vrai que, vu de l'extérieur, il peut paraître bizarre de ne pas encore l'avoir fait, mais il faut que l'on se rappelle d'où on part. On a fait le choix de commencer à faire travailler l'équipe avant de trop structurer la démarche. Il est temps maintenant de redonner une vision claire des projets.

— Ok, je pense aussi que c'est le bon moment pour introduire ces outils, ajoute Tom. On construit ces deux éléments sur un projet, et on voit avec le groupe comment le structurer.

— Oui, on aura ainsi un moyen de structurer les demandes, poursuit Clovis. Aujourd'hui c'est un des gros problèmes qu'on rencontre : on se voit pour décider des actions à mener et on s'aperçoit que, d'une part, des actions non prévues sont menées à l'insu du groupe et, d'autre part, de nouvelles demandes non planifiées viennent polluer les actions prévues.

— Cela devrait nous permettre d'inscrire noir sur blanc ce que l'on souhaite réaliser dans le projet, et surtout mettre les nouvelles demandes à l'examen dans le bac à sable avant toute action, ajoute Erwan. L'étape de communication n'est pas à négliger dans notre démarche. Il faut que l'on fasse comprendre au groupe pourquoi il est indispensable de créer ce filtre d'entrée.

— Et tout cela va nous amener à mieux définir le rôle du product owner, complète Tom. Il faut reconnaître que ce n'est pas encore clair aujourd'hui. Il y a confusion des rôles, même à notre niveau.

— Alors, sur quel projet expérimente-t-on ? demande Clovis.

— Pourquoi ne pas l'appliquer au modèle lui-même, comme on l'a déjà fait à différentes étapes de sa construction, suggère Erwan.

— Ça me va ! répond Clovis entousiaste. Je propose qu'on note, en vrac, les besoins déjà évoqués ou pressentis pour démarrer par le bac à sable, puis qu'on fasse une première sélection de "stories" à suivre.

— "Stories", encore un terme à définir... complète Tom. Mais bon, chaque chose en son temps. Commençons par le Backlog et le bac à sable, le reste suivra."

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